Mon récit de naissance – AVAC en maternité physiologique

#récitdenaissance #avac

Bonjour à toutes , c’est avec émotion que je vous annonce que Maxence est né par AVAC le 06/01/2021. Un beau bébé de 4kg240 à la naissance. Je reviens aujourd’hui pour vous partager son récit de naissance car j’ai adoré en lire pendant ma grossesse.

Juste pour situer le contexte, c’est ma deuxième grossesse. J’ai accouché en février 2019 de mon premier fils par césarienne après une stagnation à 9 cm. J’avais un souhait d’accouchement physiologique à l’époque, j’avais donc fait tout le travail jusqu’à la sans péridurale.  On m’a dit que mon fils était probablement “trop gros ou trop lourd ” et qu’il ne serait jamais passé voie basse ( 4kg670 à la naissance). Pour cette deuxième grossesse,  j’ai voulu mettre toutes les chances de mon côté pour réussir mon AVAC (Accouchement voie basse après une césarienne ).

Initialement, j’aurais même souhaité accoucher à domicile si c’était possible. Malheureusement la sage-femme pratiquant les aad ( accouchements à domicile) proche de chez moi n’a pas souhaité prendre le risque étant donné mon antécédent de césarienne. Durant ma grossesse on m’a dépisté un diabète gestationnel, qui a nécessité une mise sous insuline pour réguler mes glycémies du matin.  J’ai pas mal galéré pour réguler les dites glycémies, ce qui m’a causé pas mal de tracas.

La maternité dans laquelle j’avais accouché la première fois et ou je pensais accoucher une deuxième fois me classait d’office dans la catégorie ” grossesse pathologique ” du fait de mon diabète gestationnel sous insuline . Elle me faisait miroiter un déclenchement, me conseillait fortement la péridurale, bref je n’étais plus en confiance. J’ai même envisagé l’espace d’un moment d’accoucher seule chez moi. J’ai quand même pris un deuxième avis dans une maternité plus physiologique dans ma région qui a accueilli mon projet sans trop de difficultés ! Je pouvais aller à terme, voire dépasser le terme et on me proposerais si besoin un déclenchement avec des méthodes plus douces ( ballonnet , rupture de la poche des eaux etc…). C’est donc avec confiance que j’ai abordé le dernier mois de grossesse avant que bébé ne pointe le bout de son nez.

Quand la phase d’embarcation prends son temps

Nous sommes le lundi 04/01/2021. Première journée seule à la maison depuis 2 semaines, mon mari est retourné au travail après  2 semaines de vacances, mon grand est chez ses grand-parents depuis vendredi dernier, ils avaient trop hâte de le garder avant l’arrivée de son petit frère ( terme prévu le 06/01/2021).

Ça me fait tout drôle de n’avoir “rien à faire” aujourd’hui. Je me sens calme et apaisée. Depuis une petite semaine, j’ai des épisodes de contractions tous les soirs. Au début, ça ne durait que quelques heures mais petit à petit les contractions sont plus régulières et me tiennent éveillée pendant la nuit, ce qui m’empêche de bien me reposer et me fatigue. J’essaie de me reposer dans la journée.

Hier encore j’ai eu des contractions toutes les 10 min pendant 4h, mais ça s’est finalement arrêté.
Aujourd’hui, j’ai décidé de prendre une journée pour moi, je vais faire ce que l’on m’a conseillé : marche, lettre à mon bébé, yoga prénatal , méditation. La journée passe rapidement finalement et je sens que toutes ses activités ont apaisé au moins mon esprit. Toujours pas de contractions en fin de journée, ça ne sera peut-être pas pour ce soir.

Finalement vers 20h, comme tous les soirs, je ressens des vagues légèrement douloureuses. Elles viennent toutes les 6 à 7 minutes et m’obligent à souffler un peu pour chacune d’elle, mais rien de trés alarmant. Je sais que la phase de latence est en route, je prends mon mal en patience et je n’ose plus y croire. Alors je continue mes activités tranquillement.

Au moment de me coucher, j’ai toujours l’espoir que ce soit pour cette nuit, mon mari lui, n’y crois plus, cela fait 5 jours que les contractions partent puis reviennent…Cette fois ci je ne dors pas de la nuit, enfin, je somnole entre les contractions, sans vraiment que le travail ne se lance.  Elle ne se rapprochent pas dans la nuit donc je laisse dormir mon mari. Quand son réveil sonne, je lui demande de rester avec moi aujourd’hui. J’ai eu des contractions toute la nuit, je pense que ce sera pour aujourd’hui.

Il prends ses dispositions et se mets donc en télétravail. Finalement dans la matinée, les vagues s’estompent et semblent ralentir. J’en profite pour me reposer et dormir autant que je peux. Je suis déçue, mais m’avoue pas totalement vaincue… je me sens différente de d’habitude et je pense vraiment que ce sera pour bientôt.

Aprés beaucoup de repos dans la journée, et des vagues qui seront venues toutes la journée, je prépare le repas du soir, et juste après, les vagues sont de nouveau la, avec plus d’intensité et me semblant plus rapprochées. Je suis un peu inquiète, mais je me sens encore en forme, les vagues sont trés peu douloureuses, mais je commence à vocaliser sur certaines. Il est peut-être temps d’aller à la maternité ?

J’essaie de continuer mes activités puis une heure plus tard je me rends a l’évidence, je n’y arrive plus. Je décide alors qu’il est temps de se rendre sur le lieu de naissance. J’avais hésité à accoucher chez moi, mais en l’absence du soutien du papa et ayant confiance dans la nouvelle maternité ou je suis sensée accoucher je préfère me rendre à l’hôpital. A ce moment les vagues sont toutes les 5 minutes et durent 30 secondes environ.

Entrer dans le voile

Il est 22h, nous arrivons à la maternité. Protocole COVID oblige, je dois me rendre seule à l’accueil et expliquer ce qui m’amène. J’explique donc que j’ai des contractions toutes les 5 minutes. Pas de chance, la salle de naissance est pleine, une sage-femme viendra m’accueillir dés qu’ils auront le temps. En attendant je déambule toute seule dans les couloirs et on me dit de prévenir si jamais cela devenait trop difficile à gérer.

23h , une sage-femme m’examine. Elle a lu mon dossier et mon projet de naissance avant de venir me voir, c’est un bon point. Elle m’examine, je suis à 4 cm ( je n’y croyais pas vraiment !) , elle décide donc de me garder en salle de naissance.

Passer entre les mondes

23h30 installation en salle de naissance pour le monitoring à l’entrée. On me propose un monitoring installée sur le ballon, ce qui est beaucoup plus simple pour moi pour gérer les contractions. Pour le moment, elles sont fortes, mais gérables avec des vocalises, j’essaie de me concentrer pour être dans ma bulle, mais ce n’est tout de même pas aussi bien que chez moi. La salle est grande, il y a un lit rond et un lit d’accouchement, il manque un tapis à mon goût pour pouvoir me mettre à genou ^^. Peut-être une suggestion pour plus tard ?

Sentir la tempête m’embarquer

Après environ 45 min de monitoring la sage-femme reviens et m’explique qu’elle m’enlève le monitoring, mais qu’il faudra le remettre régulièrement étant donné mes antécédents. Je suis d’accord. J’apprécie qu’elle m’explique chaque fois qu’elle interviens. Je vais alors m’allonger quelques instants à côté de mon mari, et la après une contraction … je romps la poche des eaux vers 1h30. Je sens une énorme décharge d’adrénaline et je me mets à trembler. Quelques minutes plus tard une vague arrive, elle est beaucoup plus forte. Je suis un peu étonnée de la puissance des vagues, mais je n’arrive plus à me concentrer dessus. La sage-femme me suggère d’autres techniques pour souffler qui seront efficaces. Je me remets sur le ballon pendant 1h ou 2 et je continue de souffler mais les contractions sont beaucoup plus fortes et reviennent toutes les 2-3 minutes. Serait-ce la marée ?? ( après coup je pense que oui, pendant , j’essayais juste de gérer :D)

Je me rappelle qu’il faut vider la vessie régulièrement, je me rends donc au toilettes ( trop de chance d’avoir une salle de naissance avec une salle de bain, c’était le top !). Et la, panique, je n’y arrives pas, j’appelle mon mari et la sage-femme arrive également. Elle me propose de m’examiner, mais j’ai beaucoup de mal à m’asseoir ( en plus le lit est haut… ça ne m’aide pas). Elle doit encore me poser un cathéter intraveineux… on pensais qu’on aurait plus de temps que ça. Tant bien que mal je m’assois dans le fauteuil des “accompagnants” et la sage-femme me pose le cathéter. Elle me propose ensuite de m’examiner, je suis à 8 ! cela progresse vite. Je n’ai plus trop la notion du temps mais il me semble qu’il doit être entre 3 ou 4h du matin.

J’essaie de me remettre sur le ballon mais je n’y arrive pas, je suis un peu en panique, les contractions sont trop fortes, je n’y arriverais pas, je demande la péridurale. Mon mari essaie de me dire que j’y suis presque, la sage-femme également mais phase de désespérance oblige, je veux la péridurale.

Quand je décide de prendre la péridurale

L’anesthésiste arrive environ 20 minutes plus tard, et étant donné que je n’arrive pas à rester assise on me propose de poser la péridurale allongée. Ouf, j’arrive à gérer à peu prés et l’anesthésiste pose la péridurale du premier coup. Je sens des fourmis dans les jambes, je me dis que ça fait effet. Cependant 10 minutes plus tard et 3 contractions après, je ne ressens pas vraiment de différence… on appuie de nouveau sur la péridurale, aucune différence. Ou peut-être un peu? je ne sais plus si c’est mon cerveau qui s’embrume … Bref. Je suis allongée sur le côté droit une jambe relevée, je sais que c’est une position qui permet un bon engagement dans le bassin quand on ne peut pas être debout. Je n’ai de toute manière pas la force de me lever.

Et la, je ressens l’envie de pousser, pour la première fois, ça me fait un peu peur! On appelle la sage-femme qui reviens. Effectivement, je suis à 10cm et bébé descends dans le bassin. Elle me dit de bien accompagner quand je sens la sensation de poussée, c’est bébé qui descends dans le bassin et je me rappelle des cours de préparation qui disait que bébé descendait par petit a coup, c’est exactement ce que je ressens. Alors je me laisse porter par les contractions, et j’accompagne quand ça pousse . Finalement, cela soulage quand bébé descends, et les contractions sont moins douloureuses. La sage-femme m’explique que quand le col est totalement ouvert les contractions sont souvent moins douloureuses. Mais elles sont toujours trés puissantes ( malgré la péridurale avec laquelle je sens 0 différence). Etant donné que j’ai cette satanée péridurale, j’aimerais bien qu’elle fonctionne un peu avant que j’accouche… l’anesthésiste reviens 3 fois, mais je ne sentirais jamais d’amélioration.

Au bout de la 3e fois, c’en est assez, soit j’accouche , soit on me repose la péridurale. La sage-femme m’examine, bébé est engagé partie moyenne , elle me propose de pousser.

La naissance

Ce n’est pas forcément comme ça que j’envisageais les choses, mais peut-être que cela me soulagera. Alors je pousse. Elle me dit que je pousse trés bien ( normal, je sens tout :p). A ce moment précis, je ne pense pas forcément à mon projet de naissance : attendre le réflexe de poussée… C’est dommage aussi , personne ne pense à remonter le lit pour que je sois en position plus physiologique. Je demande quand même si je peux me mettre à 4 pattes ou à genoux car je me sens trés mal sur le dos . La sage femme hésite, et me dis que cela lui semble compliqué : j’ai un antécédent de gros bébé, j’ai fait du diabète, elle préférerais être sur le dos pour avoir ses repères pour bien attraper bébé et dégager ses épaules à la sortie . Tanpis, je ne suis plus qu’a quelques minutes de l’arrivée de bébé maintenant , j’essaie de me concentrer sur ça.

Elle me propose de pousser sur le côté, mais je n’ai pas d’étrier, et pas trop de repères, même si bébé progresse ce n’est que moyennement efficace. On passe alors sur le dos et la sage-femme me suggère de pousser en poussée bloquée. Je ne suis pas sure d’y arriver… mais on m’encourage et bébé progresse énormément d’un coup. C’est trés efficace alors on continue comme ça. Je n’ai toujours pas d’étriers et j’attrape mes jambes à chaque poussée. heureusement je sens bien mes contractions et quand je pousse je sens bébé qui progresse dans mon bassin. Arrive au petit couronnement je sens que le périnée s’étire, je repousse en soufflant pour laisser le temps au périnée de s’étirer. Jusque la tout se passe bien, en 2 poussées la tête sors, et pas d’épisiotomie. On attends une autre contraction pour passer les épaules, qui semblent larges d’après la sage-femme. Elle me suggère de laisser faire la contraction, je pousse en soufflant mais bébé a bougé ses épaules à la sortie. On me propose de l’attraper mais la tout de suite je ne me sens pas à l’aise alors la sage-femme me le pose sur moi. Quelle sensation incroyable ! J’ai réussi, j’ai accouché par voie basse de mon bébé ! On l’a fait tout les deux ! On s’apprivoise petit à petit et papa aussi participe à ce beau moment.

Au bout de quelques minutes, la sage-femme propose à mon mari de couper le cordon qui s’est arrêté de battre. Je n’y pensais même plus. le cordon est coupé et on essaie de mettre bébé au sein. Il semble s’accrocher tout de suite , mais j’avoue que je m’en préoccupe pas trop je suis sur mon petit nuage.

Puis la délivrance

Aprés 30 minutes, le placenta n’est toujours pas sorti… on me propose des exercices pour essayer de le décoller mais il ne se passe malheureusement rien. J’ai également une grosse déchirure (heureusement indolore) , cependant dés qu’on me touche le périnée je saute au plafond ( efficace la péri ??) Bref, après quelques minutes on appelle l’anesthésiste pour savoir comment on va pouvoir m’anesthésier pour la révision utérine et pour me recoudre le périnée. Ouf , je suis soulagée … on peut me faire une rachianesthésie, je serais donc réveillée pendant toute la procédure.

Malheureusement je ne peux pas garder mon bébé sur moi mais papa se chargera du peau a peau. Je n’ai ressenti aucune douleur pendant la procédure, que ce soit pour la délivrance artificielle / et révision utérine , ni pour les points de suture du périnée.
Pas de chance pour moi. Mon périnée en a pris un sacré coup, il semblerait que j’ai un “périnée complet non compliqué” ce qui veut dire que la déchirure s’étends de la vulve à l’anus et que malgré la suture, des complications sont possibles . J’accueille la nouvelle avec applomb , je suis encore gorgée d’ocytocine ^^. On verra plus tard. Malgré tout la gynécologue qui me fait les points de suture m’explique les différents risques de ce type de déchirure, les effets secondaires, etc.. etc.. Elle est trés gentille et m’explique bien la procédure et quand elle recouds ce que j’apprécie.

Aprés 45min à s’occuper de moi, on remballe tout, je suis presque comme neuve ^^. Je suis contente car je vais enfin pouvoir faire du peau à peau avec mon bébé :). Je profite, finalement on en fait pas beaucoup du peau à peau aprés la sortie de la maternité :)….

On restera quelques heures encore en salle de naissance le temps qu’une chambre se libère . Ce seront des moments hors du temps (pas de réseau, donc on ne peut même pas prévenir nos amis / famille que j’ai accouché). On profite à 3 , on alterne peau a peau entre papa et maman c’est trés chouette, et puis après on montera en chambre à la maternité.Voila le début d’une belle histoire avec mon beau Maxence, qui a été pesé dans les heures qui suivent : un beau bébé de 4kg240 , 36cm de tour de tête, 51cm. Mon récit de naissance s’achève la. Pour celles qui le souhaite je vous ai noté quelques mots sur le post-partum juste après.

Quelques mots du post partum

Après quelques jours à la maternité, je suis rentrée chez moi. Finalement, je me suis rapidement sentie mieux avec mon “périnée complet”. Environ 4-5 jours difficiles pour s’asseoir. Quelques jours d’appréhension pour tout ce qui se passe en bas ( faire pipi .. aller à la selle). Bref, une fois les premières fois passées tout rentre dans l’ordre rapidement. Je suis actuellement à 10 jours de mon accouchement, et je me sens pratiquement comme avant. J’ai arrêté de prendre des anti-douleurs dés que je suis rentrée chez moi, à J3.

Ce qui m’a fait le plus souffrir finalement c’est bien les tranchées, ces fameuses contractions qui permettent à l’utérus de se remettre en place. En attendant je me repose, chaque jour je reste debout plus longtemps, mais j’essaie tout de même de profiter de ce mois d’or au maximum. En tout cas pour rien au monde, je ne changerais d’accouchement. J’ai eu une passe un peu difficile à J3 ou je me suis dit que je n’avais pas de chance ( Césarienne au premier, périnée complet au deuxième) et puis finalement j’ai bien plus vite acceptée cette deuxième naissance car c’est quand même ce que je souhaitais. Je suis capable d’accoucher par moi même et cela me rempli de joie.

Certainement que cela se serais passé différemment si j’avais accouché chez moi. Mais j’ai trouvé cette naissance à l’hôpital trés respectueuse de mes choix malgré les embûches sur mon parcours ( diabète gestationnel sous insuline, antécédent de césarienne avec un gros bébé ..).Alors surtout si vous êtes dans une situation similaire à la mienne , croyez toujours en vous et vôtre bébé. Depuis que le monde est monde les femmes donnent naissance et savent le faire :).
On verra pour une prochaine fois ce que l’avenir me réservera 😉 ?

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